C’est le grand gagnant de notre concours. Pierre-Elie de Pibrac, 24 ans, remporte un voyage pour deux en Grèce pour son portrait d’enfants birmans. Nous avons voulu en savoir plus sur son parcours. Interview.
Félicitations ! Comment avez-vous réagi à l’annonce du résultat ?
J’avoue que ça a été un choc ! Je n’arrivais pas à y croire. J’étais aux anges. Être en plus choisi par Yann Arthus-Bertrand lui-même, c’est un honneur. Pour moi, c’est une référence dans le domaine de la photo, alors vous imaginez comme j’étais fier !
Dans quel contexte a été prise votre photo ?
Au cours d’un voyage en Birmanie où je suis parti un mois, en sac à dos, avec deux copains. Sur la route d’Inle Lake, nous avons croisé une école. Nous sommes entrés avec notre guide. Les enfants couraient tout autour de nous. J’ai pris la photo de l’intérieur d’une salle de classe. J’ai ouvert le volet. Ils étaient là, riant aux éclats, fascinés par mon objectif. J’ai appuyé sur le déclencheur sans me poser de questions, dans l’émotion du moment.
Pour vous, que raconte cette photo ?
Pour moi, elle exprime l’insouciance et la joie de vivre de ces enfants. Il n’y a pas plus vrai qu’un enfant, avec eux, on ne peut pas tricher. Malgré l’extrême pauvreté et la répression qui sévit dans le pays, ils vivent pleinement leur enfance et ont soif d’apprendre des autres. Quand on leur montrait les photos sur l’appareil, ils regardaient avec intérêt et trouvaient ça très drôle. C’est un souvenir très touchant.
Quel appareil avez-vous utilisé ?
Un Reflex numérique Nikon D70 S (6 mégapixels) avec un objectif 35 mm. J’ai aussi un vieil argentique, un Holga auquel je suis encore très attaché.
Pourquoi le noir et blanc ?
Il y a peut-être un peu de nostalgie des photos de mon grand-père. Je trouve que le noir et blanc capte davantage l’expression des gens. L’œil se pique sur le sujet. On est comme saisi par l’émotion de la photo. Le noir et blanc traduit une vérité toute simple, un ressenti. Avec la couleur, on a tendance à perdre le sujet… Parlez-nous un peu de vous.
Quel rapport avez-vous à la photo ?
J’ai été élevé par un grand-père photographe (Paul de Cordon), j’ai donc toujours baigné dans cet univers. Mais c’est vraiment devenu une passion il y a quatre ans, quand j’ai réalisé mon premier reportage lors d’un séjour à New-York. J’ai ensuite approfondi avec les magazines. Ce que j’aime dans la photo, c’est le lien qu’on peut créer avec des inconnus, le ressenti et le côté émotionnel. Je n’aime pas la photo « fabriquée» ni la retouche. Pour moi, une photo doit refléter une émotion. C’est pour cela que j’aime les portraits.
Vous aimeriez en faire votre métier ?
J’aimerais bien oui, mais je garde les pieds sur terre. Pour l’instant, je termine mes études de commerce et je compte monter ma boîte de support publicitaire. A long terme, je ne renonce pas à l’idée de travailler dans la photo car je ne peux pas vivre sans elle !
Comment utilisez-vous le site Pikeo ?
J'ai découvert Pikeo par hasard en regardant quels étaient les sites qui hébergeaient des photos. J'ai trouvé qu'il était simple d'utilisation et très agréable. Lorsque ce concours a été lancé, j'ai sauté sur l'occasion pour mettre plein de photos de mon reportage en Birmanie. Ça a été plutôt une bonne trouvaille!! Je l’utilise pour héberger mes photos sur Internet, me faire un peu de pub… mais aussi pour voir ce que font d'autres photographes qui ont les mêmes goûts que moi. Laisser des commentaires, m'inspirer...
Un prochain voyage en vue ?
Je pars à Cuba dans quelques jours, avec mes deux appareils. J’espère trouver de beaux sujets de reportages. Je vous tiendrai au courant via le site … Et puis il y a aura la Grèce, grâce à vous ! Encore merci, ce prix me renforce dans mon envie de continuer dans la photo…
Un grand merci à Pierre-Elie pour toutes ses magnifiques photos et encore félicitations. Pour le retrouver sur Pikeo, c’est simple : www.pikeo.com/pilili