Suite à l'article de blog sur la séance photo de Pierre-Elie de Pibrac, nous avons voulu en savoir plus sur ce photographe. Pour ce faire nous l'avons interviewé. A travers cet interview vous allez découvrir ses débuts, son parcours, et bien d'autres choses encore...
Pierre-Elie nous en dit plus sur lui :
"Il y a quelques années (2005) je suis
parti à New York sans avoir aucun désir particulier de prendre des photos.
J’étais accompagné d’un petit numérique Sony DSC U30 de deux millions de pixels
et d’un ami !"
" Curieux de cette impressionnante
ville, je me suis décidé à la photographier à tout va mais toujours de façon
très graphique et réfléchie, je ne voulais pas faire des photos mal cadrées ou
trop touristiques, je ne sais pas pourquoi, m’appliquer à prendre une photo
m’ait venu comme ça, du jour au lendemain."
"En rentrant, je n’avais apporté
aucune valeur particulière à mes photos. C’est mon père, qui, en les regardant
m’a dit qu’il y en avait une vingtaine qui sortaient du lot et que je devrais
en faire quelque chose. Je me suis donc penché sur ces quelques photos… À cette
époque, je ne savais même pas que Photoshop existait et ne connaissais que deux
ou trois photographes dont mon grand père, c’est dire le peu d’intérêt que je
portais à ce medium. Au même moment j’ai participé au grand concours photo organisé
par le magazine PHOTO tous les ans, et, miracle, j’ai été lauréat, première
publication, première grande joie !! Après ce premier succès, j’ai créé un
petit blog sans prétention pour partager mes goûts, mes découvertes et mes
évolutions."
"Au début, je me suis engagé sur la
route de la connaissance de l’art photographique, je me suis abonné au magazine
PHOTO , j’ai acheté à peu près tous les magazines qui pouvaient exister dont le
très intéressant Réponses Photos pour la technique et me suis plongé dans la
vie de tous les grands photographes. J’ai commencé par étudier Klein, Doisneau,
Ronis, Cartier-Bresson, Paul de Cordon, Steichen et tous les grands noms qui
ont donné leurs lettres d’or à la photo.
Après l’achat d’une dizaine
d’ouvrages de photographes et de technique (je ne savais même pas ce qu’était
un diaph ou les différences entre les optiques !!!) je me suis lancé et j’ai acheté un
Nikon d70s avec un 24-70. Petit Réflex mais très polyvalent, de très bons
souvenirs et de très belles photos…"
"À cette époque, la pratique de la
photographie était une passion, je continuais mes études de finance à La
Sorbonne puis à l’EDHEC."
"J’ai commencé à participer à de
nombreux concours amateurs, PHOTO, SFR, (est-ce que je dois le citer !!!
lol), Réponses Photo etc. beaucoup d’échecs pour peu de victoires, mais quel
plaisir quand on gagne, c’est extraordinaire !!! Mes nombreux échecs m’ont
permis d’évoluer et de m’améliorer, sans la confrontation avec des
professionnels, je n’aurais jamais pu devenir photographe. La critique est
cruciale même si elle est parfois difficile à encaisser."
"Et c’est là que tout à commencer,
j’ai été exposé aux Transphotographiques ce qui a été une très forte
reconnaissance puis plusieurs fois à Paris, à Lille, à Toulouse et à Lausanne
via des galeries qui proposent à de jeunes artistes de se faire
connaître (Art&You / Toast Gallery / Artslife). En gros j’ai présenté mes photos partout ou je
pouvais, j’ai participé au plus grand nombre de concours possible et j’ai prié
pour que ça marche !!!"
"Une rencontre a été cruciale dans ma
courte vie de photographe, c’est avec Eric Colmet Dâage, le rédacteur en chef
de PHOTO. J’ai eu la chance de pouvoir le rencontrer et de lui montrer les
premières photos de mon reportage en Birmanie (il faut savoir que j’utilise
chacun de mes voyages à l’étranger pour faire un reportage photographique,
celui de la Birmanie à eu un impact très fort sur mes débuts de photographe).
Au début il a regardé mes photos très rapidement en me disant qu’il fallait que
je fasse un éditing, que je leur fasse raconter une histoire et surtout que je
monte mon reportage. Il m’a dit de le recontacter quand je serais prêt. Entre
temps Pikeo a organisé le concours qui m’a fait sortir du lot et qui a fait
gagner le Prix Pikeo/PHOTO à une de mes photos du reportage sur les enfants
oubliés de Birmanie (cette photo sera par la suite vendue aux enchères chez
Christie’s) . Il n’y avait pas de meilleures excuses pour revoir Eric Colmet
Dâage, au cours de cette deuxième rencontre, il me promet de faire une page
jeune talent sur moi dès que j’aurais un travail plus mature et plus personnel,
cette page est arrivée dans le numéro de mai 2009 avec des photos de Cuba et de
la campagne printemps-été 2009 de la marque de vêtements Lords & Ladies
First."
"En parallèle de mes avancées
techniques et de photographe, j’ai continué à approfondir ma connaissance du médium et me suis
intéressé à des photographes plus contemporains comme Stephen Shore, David
LaChapelle, Erwin Olaf. Mais aussi
les deux grands maîtres Soul Leiter et Guy Bourdin, deux photographes
d’exception avec une maîtrise de la couleur, une poésie et un décalage qui ont,
pour moi, été les inspirateurs de la photographie d’aujourd’hui, ce sont tout
simplement des génies !!!"
"Cette connaissance approfondie de la
photographie m’a permis de savoir ce que j’admirais, aimais et voulais faire,
je suis donc passé du N&B à la couleur et de sujets graves à des sujets
plus légers ou, du moins, une façon plus légère de raconter les choses. Je me
suis juré de ne plus jamais faire de photographies misérabilistes et de
toujours partager un moment agréable avec mon sujet sans voyeurisme ni pitié."
"Après un passage à l’Agence Vu’ et
une discussion avec Patrick Codomier, je me suis éperdument lancé dans l’étude
de la peinture pour y trouver des rigueurs de composition, de cadrage et une
inspiration sans limites. Mes peintres préférés étant Hopper, Monnet, Magritte
et Basquiat. Tous très différents mais incroyablement passionnants."
"Pour revenir à mes premiers amours,
je suis parti à New York un mois pour y trouver du travail (j’ai rencontré
là-bas Jean-Christian Bourcart, David LaChapelle, Patrick Demarchellier et
plein d’autres grands photographes) et effectuer mon nouveau reportage American
Showcase qui donnera lieu
à une exposition mêlant à la fois photographie, vidéo, texte, son, création
d’objets et mise en scène. Cette exposition est l’occasion pour moi d’aller
plus loin que la photographie grâce à la mise en relation et à l’interactivité
entre l’exposition, les tirages, les objets et les visiteurs pour mettre en
avant une toute nouvelle approche de ce jeune médium qu’est la photographie."
"Après cette exposition, je retournerais aux USA pour travailler quelques
années pour un photographe (je vous dirais son nom en temps voulu…)"
"Au début, je vous disais que j’aimais
la photographie plus que l’envie d’en faire, c’est pourquoi je m’obstine à
trouver un style particulier et différent . Mais je continue d’autres part à
faire ce que j’appelle des croquis avec de vieux appareils argentiques avec
lesquels je joue aussi bien de la couleur que du N&B. Le numérique est mon
appareil de travail en quelque sorte et l’argentique celui du plaisir, de la
passion."
"À propos du numérique, je suis
impressionné par les nouvelles possibilités que cette révolution nous a
offerte, toutes les photos de la dernière campagne Lords & Ladies First ont
été faite en numérique avec un travail de retouche sur Photoshop. N’ayons pas
honte de se servir de Photoshop, c’est un outil qui nous permet d’aller
toujours plus loin dans l’originalité, la nouveauté et la beauté …"
"Pierre-Elie de Pibrac pour Pikeo"
Merci Pierre-Elie pour cet interview, retrouvé le sur :
www.pierreeliedepibrac.com
Marco, de l'équipe Pikeo